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Lettre ouverte au Président de la République et aux premiers de cordées

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1er cordeeMonsieur le Président,

 

Depuis votre élection, nous mettons nos espoirs, en plus de notre travail, dans le succès de votre politique. Nous observons avec satisfaction votre énorme volonté et l’énergie que vous déployez pour redresser la situation du pays. Nous ne partageons pas toutes les façons de faire de votre gouvernement, mais nous comprenons que vous n’avez pas, non plus, des tâches faciles.

 

Vous avez utilisé la métaphore du premier de cordée pour désigner les chefs d’entreprises.

Nous avons apprécié votre parole de valorisation du travail de millions de dirigeants qui, pendant de longues années, se sont fait copieusement insulter et inquiéter par les ennemis de tous poils du capital et de l’entreprise...


Un premier de cordée est fermement arrimé à une équipe interdépendante, dont les membres sont attachés les uns aux autres. Le premier de cordée ouvre la voie et assure la sécurité et l’ascension de l’ensemble de l’équipage.

 

L’image risque de se retourner contre vous si, comme on l’a parfois observé, des premiers de cordées ne jouent pas le jeu :

  • Certains premiers de cordées peuvent arrimer toute ou partie de leurs équipes avec un élastique, laissant au sol les partenaires qui sont pourtant le support de leur progression.

  • D’autres peuvent être tentés de couper la corde avec un couteau à la première difficulté rencontrée.

Des augmentations énormes de rémunérations de certains dirigeants, au-dessus de la stationnarité ou la précarité des revenus de certains de leurs salariés, montrent l’élasticité regrettable de certaines cordées. Les “charrettes” après des profits records, ainsi que le déséquilibre entre la rémunération de certains actionnaires et l’intéressement de leurs salariés détruisent la force de votre parole.

 

Monsieur le Président, je crains que vous ne soyez, très bientôt, contraint d’expliquer votre métaphore à certains “alpinistes” qui sont tentés de ne travailler que pour eux et de creuser ainsi, de plus en plus, le fossé entre les plus riches et les plus pauvres. Vous pourriez aussi leur expliquer que, s’ils ne corrèlent pas, par eux-mêmes, leurs augmentations de revenus à celles de leurs salariés, dont les moins bien payés, la Loi pourrait être amenée à les y contraindre…
Si cela ne se fait pas, des populismes le proposeront et gagneront lors du prochain scrutin.

 

Vous souhaitant bon courage pour l'immense tâche que vous vous êtes assignée, nous vous prions de croire, Monsieur le Président, en l’expression de nos sentiments les meilleurs.

 

Vincent Feybesse

Dirigeant de enligne-fr.com

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