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Les raisons de la colère

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foudreDes mouvements de colère se déclenchent de plus en plus vite et regroupent de plus en plus rapidement de plus en plus de monde. Il s’y cristallise l’expression de plus en plus virulente et de plus en plus organisée des mécontentements que les systèmes institutionnels ne permettent pas d’exprimer autrement.
De même que le climat produit des phénomènes de plus en plus violents, notre société, passée dans l’ère électronique, va produire des événements de plus en plus rapides et brutaux si elle ne réforme pas ses paradigmes et ses institutions…


 

Le maillon intermédiaire entre l’Etat et la société civile s’est auto-disqualifié :


Fin Février 2013, le Conseil Economique et Social a manqué un rendez-vous historique avec sa modernisation lancée en 2010 permettant à 500.000 signataires de la saisir par voie de pétition. Alors que les 700.000 signatures récoltées en quelques mois dépassaient pour la première fois le quota imposé et que les critères étaient réunis étaient bons, interrogé, on se demande pourquoi, par le président du Conseil, le chef du gouvernement a décidé de mettre cette institution, qui avait déjà un rôle consultatif à peu près aphone, totalement hors jeu, en décidant l’irrecevabilité de la pétition. Un avis qui pourrait contrarier ou dévier l’exécutif n’étant manifestement pas bienvenu, le Conseil Economique et Social, et donc les Conseils Economiques et sociaux Régionaux, ont démontré que leur rôle est celui du miroir qui n’a que le droit complice de dire au pouvoir qu’il est beau lorsqu’il est contesté ou contestable.

L’énergie confinée cherche toujours un chemin … et finit forcément par le trouver.

 

Après les « pigeons » et les « poussins »… les « tondus » :

Les derniers mois ont vu l’émergence de mouvements qui étudient au fur et à mesure les modes opératoires, les tactiques et les stratégies de leurs prédécesseurs.
Les organisateurs ne sont pas les quelques professionnels habituels de l’agitation mais apprennent rapidement à l’être.

- Les « pigeons » ont ouvert la piste en défendant les intérêts des investisseurs. Leur mouvement a permis une reprise des investissements avec un effet rattrapage des blocages produits par les visions manichéennes et les discours dogmatiques du gouvernement. La victoire est fragile car les chiffres des investissements doivent toutefois être comparés avec ceux des autres pays… et dans la compétition mondiale, un concurrent qui court à cloche pied c’est mieux que de rester sur le starting-block, mais c’est tout de même moche d’arriver parmi les derniers…

- Les « poussins » ont ensuite pris leur envol. Ils sont pris en chasse par les artisans, leur fondant dessus comme des faucons, organisés depuis plus longtemps qu’eux et en compagnies. L’avenir nous dira si ce mouvement saura résister ou si ses membres seront à nouveau propulsés vers le travail au noir ET le chômage.
Pourtant, l’énorme part du parc immobilier qui doit être rénovée pour économiser de l’énergie et la pénurie de logements représentent une masse de travail que leurs deux contingents ne suffiraient pas à pourvoir sans que les pouvoirs publics aient une ligne politique cohérente. Quand les faucons se trompent de cible… et quand les politiques font de la politique politicienne pour faire plaisir aux amis politiques, et non de l’opérationnel, l’ensemble présente des incohérences qui finissent par se voir…

-Depuis l’été, quelque 175.000 entreprises, les « tondus », refusent de payer les charges patronales à l’URSSAF. Leur nombre ne cesse de progresser. Un nouvel échelon est franchi, leur dirigeant a compris que sans levier financier, l’action serait faible.
Pendant ce temps, l’URSSAF, continue de provoquer les dirigeants leur écrivant le 18 Juillet d’attendre un avis papier d’un autre âge qu’il leur envoie le 3 août, et qui doit accompagner les règlements pour un paiement avant le 5 août. Sept jours après le Léviathan essaie de sanctionner de 10% de majoration ceux qui sont revenus de leurs vacances deux fois pour pouvoir enfin faire leur envoi le 5 Août. En caïd de cour de récréation il pense que « qui ne tente rien n’a rien », il est vrai qu'avec 10% de l’ensemble si on est malhonnête, on tente la tentative de bracage… nous pensons à Michel Audiard qui disait ce qu’il pensait de ceux « qui osent tout »… Les élites politiques, qui n’ont pour la plupart jamais travaillé dans des entreprises, n’imaginent pas le traitement que subissent les chefs d’entreprises.
Chaque été, depuis des années, l’URSSAF profite du manque d’effectifs informés dans les entreprises, pour tenter diverses véritables extorsions de fonds. Il semble que de plus en plus d’entrepreneurs, épuisés et stressés en aient assez… Le périmètre des missions de l’URSSAF et ses modalités d’actions devront être revus ; pour le moment, il semble à beaucoup, hélas, dans les paradigmes actuels, que seul le conflit, lorsqu’il aura atteint un certain niveau le permettra.
(Toutefois, nous recommandons aux chefs d’entreprises de ne pas considérer leur grève des paiements pour de la trésorerie, compte tenu de la charge qui pèse sur eux la tentation peut être grande, car nous craignons que le « chant du cygne » pourrait devenir le nom de leur prochain regroupement.)

 

L’affaire du bijoutier de Nice

Dans la rue d’à côté de chez nous, tous les commerçants ont été victimes d’au moins un braquage ; le recordman en est à son quatrième. Quand une vieille dame s’y fait agresser et voler son sac, la police, découragée, ne se déplace qu’après s’être fait insulter au troisième appel téléphonique de secours.
Un vendeur de moto dans l’Orne s’est fait braquer 54 fois. Excédé, il sort une arme et tire un coup de semonce sans atteindre qui que ce soit. Il doit rendre des comptes devant un juge.
Un homme essaye de désarmer un braqueur. Il se fait tuer. Le Ministre de l’intérieur fait un vibrant hommage à son courage pendant que sa collègue de la justice en voulant vider les prisons, met en œuvre sa posture préférée de contre-pied systématique quand elle n’attaque pas ad hominem ceux qui ne sont pas de son avis.
Une semaine après, un homme brutalisé dans sa bijouterie, sous le coup de l’émotion, informé de l’événement de la semaine précédente, monte un cran plus haut, tire et atteint son agresseur.
L’état donne des signaux skizophrèniques qui rendent les gens « fous ».
Pendant que le Juge chargé de l’affaire du bijoutier décide d’éloigner le bijoutier, près d’un million et demi de personne signent la page d’un réseau social en 3 jours. Plus significatifs encore sont les commentaires et l’inadaptation de la décision en droit certes difficile du juge. Une grande majorité des commentaires ont des effluves d’extrême-droite au milieu desquels on perçoit un profond sentiment d’injustice. Beaucoup de commentaires relaient les prises de parole de la famille du braqueur 14 fois récidiviste à laquelle l’avocat et la Justice seraient bien inspirés de leur recommander silence et « profil bas ».
Quand 1,5 millions de personnes sont reliées à une page, il serait étonnant que l’adresse postale de cette famille provocatrice, ne finisse par y être diffusée. Avec ce qu’on peut y lire, ne cherchons pas à imaginer les conséquences… comme d’habitude, on verra bien alors ce qu’il faudra faire. S’il intégrait la société 2.0 dans ses raisonnements, le juge aurait peut-être pu arguer du risque de trouble à l’ordre public pour éloigner la famille du braqueur et non uniquement la victime du braquage.

 

On ne gouverne les peuples que tant qu’ils veulent bien se laisser gouverner.


Un changement de paradigme semble nécessaire. Les forums de l’antiquité ont pris une forme nouvelle que la démocratie et la république n’a pas encore bien compris et donc pas réussi à intégrer institutionnellement.
Mais les rênes sont entre les mains de cumulards d’une autre époque qui étreignent mal leurs sujets parce qu’ils veulent trop embrasser.
Si une dose de "gouvernance 2.0" ne voit pas le jour, nous pronostiquons des situations qui échapperont à l’intérêt collectif.
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