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12 obstacles entre un poste non pourvu et un demandeur d’emploi

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12 obstacles entre un poste non pourvu et un demandeur d’emploi : ou les 12 travaux d’Hercule

 

passage pietons

 

 

Il suffirait de traverser la rue pour trouver du travail. C’est ce que s’est entendu dire Jonathan, un demandeur d’emploi, dans les jardins de l’Elysée par Monsieur le Président de la République, friand des chocs souvent utiles aux prises de conscience. Il a dit vrai mais très partiel : notre expérience de site de recrutement nous permet de détecter au moins 12 obstacles entre les 750.000 postes non pourvus et les demandeurs d'emplois...

 

 

 

 

 

 


 

Concernant le demandeur d’emploi

 

 

 

Le deuil de la filière et la peur de la déqualification

 

Comme beaucoup, ce demandeur d'emploi à effectué une formation ; formation en laquelle il a cru, pour laquelle il a travaillé, qui était censée le mettre juste au- dessus du statut de travailleur pauvre et qui a probablement nécessité des sacrifices de la part de sa famille. Décider de changer de filière oblige à un vrai travail de deuil. Le résultat de ce deuil le confronte à l’acceptation de l’incohérence entre d’une part l’orientation initiale qui lui a été conseillée, l’effort de la formation suivie et le marché du travail, et d’autre part la peur du statut de travailleur non qualifié, donc presque pauvre, qui l’attend. S’il peut être accéléré, ce deuil n’est objectivement pas simple à effectuer.

 

 

 

Mobilité, habitat, dépendance et aléas

 

Dès que la rencontre entre une offre et une demande se présente correctement, apparaît entre les deux le problème de l'éloignement géographique.

 

La Palice l’aurait dit, beaucoup de zones désertiques le sont parce qu'elles manquent de population. Si une entreprise a réussi à survivre au milieu d'un tel désert, elle rencontre souvent les plus grandes difficultés à pourvoir ses postes disponibles.

 

Les trains et les bus irriguent de moins en moins les zones reculées. Les candidats n'ont d'autre solution que de s'équiper d'un moyen de locomotion ou bien d'emménager au plus près. ( Un bon exemple est l’appel à participation sur Leechi sur son compte Facebook de Jonathan pour s’acheter un scooter pour pouvoir s’acheminer à l’emploi de cariste qui lui a été proposé. )

 

Le candidat en recherche d'emploi dispose rarement des moyens d'acheter une voiture ou une moto. Devant produire des fiches de paie qu’il n’a pas, il se voit difficilement attribuer un logement en location ou un crédit bancaire pour acheter une maison ou un véhicule.

 

De plus, pendant toute la période d'essai il est soumis à l'aléa de ne pas voir son contrat confirmé. S'il détient un logement ou une maison dont il est propriétaire, il va éviter de prendre le risque de quitter ce qu'il tient pour une place encore hypothétique. Souvent, pendant la période d’essai, il n’a pas les moyens de payer un double loyer ou son crédit et un loyer.

 

 

 

Pourquoi ne pas attribuer une aide, qui coûterait moins cher que les indemnités de chômage, qui résoudrait une partie de ces problèmes sur une base contractuelle ?

 

 

 

La famille et les valises

 

Plus les revenus ou la trésorerie sont faibles, plus le rayon de mobilité est faible.

 

Le problème d’un célibataire n'est pas le même que celui d'un couple.

 

Le célibataire, est plus “agile”, mais est plus vulnérable : s'il tente une expatriation ou un déménagement et qu'il échoue, il n' impliquera que lui-même, mais ne sera sécurisé par personne.

 

Un couple peut mieux sécuriser son revenu moyen tant que les deux ne sont pas au chômage et s'ils habitent sur le même lieu. Toutefois, un couple peut plus difficilement mettre en œuvre sa mobilité : si l’un des membres de la famille souhaite s'éloigner du lieu d'habitation, il doit prendre en compte l'employabilité de l'autre sur le nouveau lieu d’habitation ou bien envisager d’habiter sur deux lieux.

 

De nombreux couples travaillant pour la même entreprise locale se sont retrouvés au chômage en même temps lorsque l’entreprise, la seule de la région, a fermé.

 

D'autres “valises” peuvent participer à réduire le rayon de mobilité de candidats comme la grande dépendance des parents touchant de plus en plus de personnes aujourd’hui, ou la prise en charge d’enfants handicapés après de longues listes d’attentes qui nécessitent proximité et disponibilité.

 


Concernant les secteurs et les métiers en tension

 

 

 

Nous avons diffusé la liste des 100 premiers métiers en tension.ICI. Elle touche des secteurs très disparates. Certains nécessitent des études longues comme médecine, infirmiers ou ingénieurs informatiques, des connaissances et de l’expérience comme pour les chefs de projets, d’autres des formations courtes comme aides à domicile ou serveurs en restauration…

 

 

 

Si les secteurs comme médecine et les métiers de l’ingénieur manquent d’effectifs, n’est-ce-pas à l’Etat de s’en prendre prioritairement à lui-même et à ses erreurs d’anticipation et de prévisions, d’orientation et de sélection, de formation et de formation continue ?...

 

Le paritarisme de la mise en oeuvre de certaines formations ne défend-il pas dans certains cas des intérêts corporatistes de ceux déjà en place ?

 

 

 

L’image de certains secteurs en tension n’est elle pas la cause de certaines autres désaffections ?

 

Que dire de l’amplitude horaire non rémunérée, qui dans de nombreux cas provient plus de problèmes d’organisation et d’une non prise en compte des besoins des salariés ?

 

Les faibles niveaux de rémunération et les conditions de travail de certaines professions sont connus des candidats.

 


Concernant certains employeurs :

 

 

 

Le regard, le management et les actes :

 

Nous observons sur nos sites des centaines de candidats attendre des employeurs sur les métiers en tension.  ICI.  Ces candidats ne sont pas forcément inscrits à Pôle Emploi.
Seulement, l’usage de nos sites est payant pour l’offreur d’emploi. Beaucoup d’employeurs refusent de payer quoi que ce soit pour recruter.
Nous posons la question : “Que penser d’un employeur qui n’est pas prêt à payer 210 € pour accéder à un gisement de candidats ? Que penser de la façon dont il envisage de payer son futur salarié ?”


 

Lorsqu’il achète un abonnement lui permettant d’accéder à une cvthèque et de déposer une offre d’emploi, nous l’observons souvent écrire une annonce qui claque comme un coup de fouet : “Recherche un/ une …compléter avec le poste recherché...” ; point final ou ajouter un éventuel un “URGENT” ou un “ASAP” impérieux.
On n’attrape pas des mouches avec du vinaigre… surtout si on envisage de détourner de leur filière de recherche des candidats qualifiés. Sans les nommer clairement, les candidats perçoivent les dissonances cognitives et le ton utilisé par l’employeur lorsqu’il donne des ordres.


 

Imaginons un candidat, qui, par sens civique et bonne compréhension du blocage économique que constitue le manque de candidat à un poste, accepterait un emploi qui ne lui correspond pas, payé moins que ses prétentions et éloigné de chez lui. Il se retrouverait probablement privé du temps nécessaire à la réussite de sa recherche dans sa filière. Il est même possible, que pour leur propre confort certains “Ténardier” renforcent l’amplitude du travail pour empêcher le salarié “providentiel” de “s’échapper”.


 

Une prise de conscience de certains employeurs par l’intermédiaire de leurs organismes de formations professionnelles semble nécessaire.

 

Une clause contractuelle devrait permettre à certains demandeurs d’emplois d’obtenir le temps nécessaire à leur prospection initiale.

 

 

 

Concernant certains gisements de demandeurs et les couvertures sociales

 

 

 

Les difficultés liées à la baisse de revenu

 

L’action gouvernementale, en mettant en oeuvre le prélèvement à la source des impôts, va dans le bons sens pour permettre à des personnes d’accepter des baisses de revenus.

 

On pourrait imaginer que le réservoir de bientôt un million et demi d’indépendants et auto-entrepreneurs pourrait combler certains vides qui désamorcent la pompe économique.

 

Pour les indépendants et les auto-entrepreneurs, une baisse de revenu ne met pas à l’abri du règlement de charges sociales encore calculées sur le revenu de 2 ans auparavant. Cela peut être bloquant dans certains cas. Un prélèvement à la source de leurs charges sociales réglerait une partie du problème.

 

Par ailleurs, en acceptant un emploi moins rémunéré, un demandeur d’emploi relance le calcul de ses indemnités avec un montant défavorable pour lui.

 

 

 

Un chantier de prise en compte de ces problématiques par les organismes sociaux doit probablement être envisagé.

 


Concernant la culture de certains recruteurs :

 

 

 

Le travail d’un recruteur est de trouver le meilleur candidat pour son client.
Beaucoup envisagent leur travail comme ne devant présenter aucun risque. Ceux-ci scrutent les “trous” dans les CV, synonymes d’insatisfaction des employeurs et les bifurcations, synonymes d’instabilité. Un candidat en situation de demande, s’il s’est mis en écart de la “trajectoire attendue”, est mis en difficulté et se retrouve en concurrence défavorable avec quelqu’un dont la trajectoire est plus lisse. Son parcours risque fortement de tirer vers le bas ses prétentions salariales.
Un chantier de prise de conscience doit être envisagé auprès d’un grand nombre de recruteurs.

 

 

 

Concernant la culture des demandeurs :

 

 

 

La peur des petites entreprises

 

Dès la recherche de stage, on constate de la part des demandeurs un refus d’entrer dans des petites entreprises. Cette réticence est très largement alimentée par les professeurs principaux de l’Education Nationale, des écoles privées et du Ministère de l’enseignement supérieur, qui pensent bien faire en conseillant à leurs élèves de s’orienter vers les enseignes qu’eux, enseignants, connaissent. S’ils ne connaissent pas une entreprise, ils disent “je ne sais pas : je ne connais pas”... le candidat par économie de moyens frappera aux portes des entreprises les plus connues.
Plus tard, le candidat conservera le même réflexe de défiance, jusqu’à ne pas aller à certains entretiens d’embauches si les entreprises lui paraissent petites donc méprisables.

 

Cette situation est mal vécue par un grand nombre de chefs de petites entreprises.

 

Toutes les écoles devraient être attentives à ces phénomènes qui n’élèvent pas leur image.

 

 

 

La motivation ou le manque de motivation

 

On voit que tous les points qui précèdent peuvent éteindre la meilleure des motivations.

 

Un travailleur qui vient de tomber sur un échec a parfois besoin d’un peu de temps pour digérer les causes de son échec et avoir envie de remonter en selle.

 

Le mouvement est en général plus facile si les propositions faites aux demandeurs les aspirent vers le haut plus que vers le bas.

 



Conclusion partielle

 

 

 

De notre point d’observation privilégié, nous confirmons le chiffre de 10 à 15 %  de travailleurs répondant “rappelez- moi dans 6 mois, j’ai encore des droits au chômage…” lorsque nous les appelons pour leur proposer un emploi les concernant et à leur porte.  Nous sommes d’avis que ces comportements seuls devraient être sanctionnés et non ceux qui cherchent sérieusement. Car 85 à 90% des demandeurs d’emplois cherchent sérieusement un travail.

 

 

 

Les obstacles que nous venons d’évoquer sont une partie importante de ce qui s’interpose entre eux et les emplois à pourvoir.

 

Le chantier à mener est énorme et touche à beaucoup de facteurs qui co-agissent.


 

Fils de Zeus et d'Alcmène, Hercule était un demi-dieu. Nous avons toute confiance dans l’équipe gouvernementale pour prendre à bras le corps la douzaine de chantiers que nous évoquons ici, qui, pour certains, rejoignent ceux de la lutte contre la pauvreté.

 

Par le formulaire de contact, nous sommes à disposition des "plumes" des demi- dieux pour les aider à étendre l’analyse.

 

 

 

 

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